Responsabilité : du discours d’intention aux discours de preuve

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De la ramette de papier recyclé aux critères ESG (environnementaux, sociaux, gouvernance), la communication « verte » du monde de la finance à bien évoluée ces 15 dernières années.

Les « critères ESG » qu’est-ce que c’est ? Outils de crédibilisation, ils évaluent la prise en compte de la responsabilité environnementale et sociale dans la stratégie des entreprises. Des émissions de CO2 à la qualité du dialogue social en passant par la transparence de la rémunération des dirigeants, ces critères sont désormais des piliers incontournables de l’analyse extra financière.

Là où au début des années 2000 il suffisait de communiquer sur le nombre de ramettes de papier recyclé utilisé pour recevoir le label « entreprise responsable », les exigences se sont considérablement durcies, encouragées par des journalistes et des citoyens de moins en moins conciliants sur ces sujets. La communauté financière n’est pas en reste, poussée dans le dos, d’une part par des investisseurs cherchant de plus en plus à avoir une information sur l’impact de leurs investissements et, d’autre part, par des contraintes légales qui les obligent à publier des reportings extra-financier. Les acteurs de la finance multiplient ainsi les initiatives comme sortir de certains secteurs controversés (armes, tabac, …) ou innover dans les produits ISR.

A ce jour ces critères d’analyse restent cependant multiples et parfois complexes à analyser. Le prochain défi sera une harmonisation des critères ESG pour assurer une réelle transparence de l’information.

Les beaux discours ne suffisent plus, et il semble bien que l’investissement socialement responsable ne soit pas un phénomène de mode tant les jeunes générations se montrent de plus en plus sensibles à cette dimension… y compris les journalistes. Le thème de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises prend désormais plus de place dans les médias. Nous le constatons dans nos études périodes après périodes.

 Notre observatoire de l’Asset Management montre par exemple une progression constante depuis deux ans sur ce sujet. Certains acteurs de ce secteur ont effectué un virage important comme BNP Paribas AM ou Blackrock, qui ont tous deux décidé de se retirer des marchés du tabac, du charbon ou des armes à feu. D’autres, comme Amundi, innovent et développent de plus en plus d’offres d’Investissements Socialement Responsables. La presse s’est fait l’écho de ces stratégies offensives et l’image médiatique de ces sociétés en est sortie renforcée.

Véronic Thirionet – Data Observer