Banques, des sociétés à responsabilité limitée ?

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RSE mon amour…. La main sur le cœur, ces derniers mois ont vu la multiplication des actions pour « verdir » la finance.

Comme nous l’évoquions en décembre 2019 et avant qu’un certain virus ne monopolise le débat médiatique, le monde de la finance confirmait sa mue vers une finance plus verte et responsable et ce sujet s’affirmait comme un thème prenant une place de plus en plus importante au cœur des stratégies de communication.

Force est de constater que les 6 premiers mois de cette année 2020 confirme cette évolution. Sur le secteur de l’asset management que nous suivons particulièrement, l’ensemble des acteurs est désormais actif sur ce terrain et le nombre de retombées sur ce sujet à quadruplé. L’intégration des très populaires critères ESG (pour rappel, ces critères évaluent la prise en compte de la responsabilité environnementale et sociale à tous les étages de la vie des entreprises) dans la stratégie et offres produits des asset managers est un marqueur significatif de cette évolution et du passage du simple discours à des actes concrets. Nombre d’entre eux ont par ailleurs rejoint le groupe d’investisseurs Climate Action 100+.

Verdir vs blanchir…

Peut-on se réjouir définitivement de cette prise de conscience et de cette mue vers une plus grande responsabilité des acteurs du secteur bancaire ?

Oui, nous le pouvons… mais parallèlement, les médias mettent régulièrement en lumière des manquements à l’éthique de ces mêmes acteurs. On s’épargnera ici la longue liste des scandales médiatisés ces dernières années autour des banques. La dernière enquête collaborative en date, FinCEN Files, publiée il y a quelques jours (21 septembre 2020) par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ, Washington) révèle que les grandes banques internationales jouent un rôle crucial dans un système de blanchiment d’argent qui profite aux criminels et renforce les inégalités. La montée au créneau de ces banques pour communiquer sur l’ancienneté des faits reprochés et affirmer que des mesures avaient depuis été prises pour renforcer les contrôles n’ont pas empêché leur cours de bourse de tanguer sévèrement.

Il semblerait que les acteurs du secteur bancaire en général aient encore des efforts à faire pour convaincre les médias de leur transformation globale vers une finance plus verte. 

 Véronic Thirionet – Data Observer